
Robin des Bois est un personnage de fiction issu du folklore anglais des treizième et quatorzième siècles. Son histoire a été racontée d'innombrables fois, en littérature, au théâtre, au cinéma et à la télévision.
Certains soutiennent que l'idée d'un héros volant aux riches pour aider les pauvres repose sur des faits réels. Rien ne l'a jamais démontré.
Plusieurs pistes ont été avancées par les historiens, sans qu'aucune emporte la conviction : des mentions judiciaires de hors-la-loi portant des noms approchants, et l'usage du nom comme surnom générique de brigand dans des documents médiévaux — ce dernier point suggérant que le nom précédait le personnage plutôt que l'inverse.
Deux autres hypothèses sont régulièrement citées. Robin était un nom couramment donné à des êtres surnaturels dans les traditions populaires, et le vert, couleur des vêtements du héros, est traditionnellement associé à l'esprit de la forêt.
Et une théorie répandue voit dans Robin l'un des personnages des cérémonies du premier jour de mai, devenu légende puis prétendu personnage historique.
Les plus anciennes traces sont des ballades, transmises oralement avant d'être imprimées.
Une allusion figure dans un long poème allégorique anglais de la fin du quatorzième siècle, qui mentionne des « rimes de Robin Hood » comme un divertissement bien connu — première preuve que le personnage circulait déjà.
Les ballades conservées présentent un héros assez différent de l'image moderne : yeoman plutôt que noble déchu, violent à l'occasion, dévot envers la Vierge, et pas particulièrement occupé à redistribuer aux pauvres.
Le thème du vol aux riches au profit des pauvres, l'identité de noble dépossédé, et le lien avec le roi Richard Cœur de Lion et le prince Jean sont des ajouts postérieurs, principalement des seizième et dix-neuvième siècles.
Elle situe le héros dans la forêt de Sherwood, dans le Nottinghamshire, à la tête d'une bande de compagnons.
Petit Jean, Frère Tuck, Will Scarlet et Alan-a-Dale l'entourent ; Marianne apparaît tardivement, issue des jeux de mai ; le shérif de Nottingham incarne l'adversaire.
L'arc long anglais, arme emblématique du personnage, correspond à une réalité historique : il a marqué la guerre de Cent Ans, et son maniement supposait un entraînement de plusieurs années.
Le personnage a été porté à l'écran dès les débuts du cinéma, et il figure parmi les figures les plus adaptées de la fiction occidentale.
Les versions successives déplacent l'accent selon leur époque : aventure flamboyante, satire sociale, relecture réaliste et sombre, comédie, animation, séries télévisées.
Cette plasticité explique sa longévité : le personnage sert de support à des préoccupations qui changent — justice sociale, résistance à l'arbitraire, rapport à la nature — sans que la trame en souffre.
Les historiens du folklore soulignent que la question de l'existence réelle de Robin des Bois est moins intéressante que sa fonction.
La figure du hors-la-loi juste, qui rétablit un ordre que le pouvoir légitime ne respecte plus, se retrouve dans de nombreuses cultures.
Elle exprime une tension permanente entre légalité et justice, et c'est probablement ce qui explique qu'elle traverse les siècles sans s'user.